jeudi 18 septembre 2014

Un mariage bien tardif...


Je suis Alphonsine SIMON... 

Mais je suis née Alphonsine DEROUAULT, le 19 mars 1854 au Mans, rue du Gué de Maulny, à 11 heures du soir...




Voilà un peu plus d'un an que nous avons récolté un Empereur : Louis-Napoléon Bonaparte, dit Napoléon III, qui est le neveu du premier....





Mon arrivée est en pleine guerre de Crimée où la France est alliée à l'Empire Ottoman, le Royaume-Uni et le Royaume de Sardaigne contre la Russie. ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Crimée )


Ma mère est couturière, c'est Armandine DEROUAULT. Elle a 26 ans à ma naissance, je suis la petite dernière :)







J'ai 3 frères et une soeur :


  • Jules Charles, né le 5 mars 1846 à Paris



  • Louise, née au Mans le 11 janvier 1847 (un retour de couches)




  • Henri Armand, né au Mans le 14 septembre 1848




  • Edouard, né au Mans le 25 mars 1850



Nous nous appelions tous DEROUAULT, comme Maman. Mais avant mon premier anniversaire, nos parents se sont décidés à se marier....

C'était le mercredi 14 février 1855, au Mans, le jour de la Saint Valentin ^^












Le papier du mariage de Papa et Maman est très long, évidemment, il a fallu tous nous reconnaître...

Papa était du Mans et Maman de La Bazoge. Il était Commissionnaire de Roulage, comme François Simon, son père, né à Nantes.


Moi, j'étais trop petite, je n'avais pas un an...C'est Jules, Louise et Henri, les grands, qui nous ont raconté à moi et Edouard...Ils avaient 9, 8 et 6 ans au mariage.


Edouard n'est pas revenu de la guerre...Il est tombé à 20 ans, le 13 décembre 1870 à Loigny-la-Bataille, dans l'Eure et Loir.










Henri, lui aussi, a fait la guerre, mais il en est revenu. Il est décédé en 1887. Il était Econome de l'Asile de la Sarthe.








C'est rigolo, On l'a appelé René, à l'armée ^^



Jules sera exonéré et finira sa vie célibataire, le 30 mars 1887 au Mans.


Quant à Louise, elle va se marier avec Bénigne Alexandre CHASSIN, Capitaine au 112ème Régiment d'Infanterie de ligne, dont la remarquable carrière militaire fut récompensée par le titre de Chevalier de la Légion d'Honneur le 20 novembre 1872...








Auparavant, il reçut la Médaille de Crimée pour sa blessure à Sébastopol pendant la guerre de Crimée, fin 1855 :







Son frère cadet, Etienne Camille CHASSIN eut également une belle carrière :







Légion d'Honneur et Médaille d'Italie (1859)








Quant à moi, je me suis mariée le 4 novembre 1880 au Mans avec un militaire ^^ Un Lieutenant du 68ème Régiment d'Infanterie de ligne, vosgien, mais bon, son père est Instituteur....

Même si les autres disent qu'il a 10 ans de plus que moi, je m'en fiche, c'est mon homme...

C'est Marie Charles Athanase MATHIS, qui va me quitter en 1890...Il repose à Saint-Léonard dans les Vosges.






Nous aurons 3 fils et une fille : Edouard Jules Paul Pierre MATHIS (1881/1946), Charles Marie Alexandre MATHIS (1884/1968), Paul Athanase MATHIS (1885/?) et Marie Sophie MATHIS (1886/1957).


Je suis restée au Mans avec mes enfants jusque 1911, seule après le départ de Marie Sophie qui s'est mariée en 1908.


Mon arrière arrière petit-fils, Fabien, qui vous fait part de cette tranche de vie, cherche encore quand j'ai quitté cette terre.... en tout cas, avant 1921....





SOURCES : Delcampe/Wikipedia/AD72/AD75/SHD/J.Tardi




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Post-Scriptum :

Grace à cette magie moderne qu'est internet, une sorte de courrier téléphonique, et un certain Cyril Lefort http://echenay.over-blog.com ), mon descendant a eu vent de mon décès et d'autres histoires qu'il ne manquera pas de vous conter dans d'autres "articles des ondes"...







...Mon Dieu, que cette sale guerre fut horrible....Je ne vous souhaite rien de tel, mes enfants...




lundi 11 août 2014

Un fantôme collatéral...Edouard Jules Paul Pierre MATHIS


Le chemin de tout généalogiste est unique en soi...


Il arrive de faire des découvertes surprenantes lorsque l'on poursuit une recherche sur sa famille.


Mon arrière grand-père Charles Marie Alexandre MATHIS déjà cité dans un précédent billet ne parlait pas souvent de sa famille... cela devait être un peu tabou....

Je n'allais pas tarder à savoir pourquoi...

Mon aïeul exerçant le noble métier d'instituteur de village jusqu'à l'aube de la deuxième guerre mondiale, était plus enclin à s'occuper des mômes, du jardin et des fleurs, qu'il dessinait admirablement bien, ainsi que les gravures sur métal....que d'aller guerroyer comme l'avait fait son père et son frère ainé sur les routes de France et d'Afrique...

Non, c'était un doux, un gentil, qui ne parlait que peu sinon à ses roses....

Tu parles, 7 femmes à la maison, son petit-fils en sus....Il devait en avoir de la tolérance...


Alors, voilà, dans la famille, on ne savait pas grand chose sur cette branche MATHIS, sinon des histoires pas sures et de maigres pistes vite masquées par un voile de secrets, de non-dits ou de non-su....


Et puis, je m'y suis attelé, à chercher le pourquoi du comment, les lieux parfois lointains de vie de mes aïeux, leurs campagnes militaires, des explications pour aller plus loin...

Le chemin s'est ouvert, et la randonnée généalogique a débuté.

J'ai pu reconstituer une partie du puzzle, mais des épines sont vite apparues, notamment une considérable zone d'ombre entourant le père de Charles Marie Alexandre MATHIS, Marie Charles Athanase MATHIS.

Fils de Jean-Pierre MATHIS, instituteur à Vomécourt, près de Brû, dans les Vosges, du côté de Rambervillers, Marie Charles Athanase vient au monde le 30 septembre 1845, à Vomécourt justement.

Il meurt le 26 mars 1890 à Saint-Léonard (88) à 44 ans.

Entre les deux, il est Lieutenant au 68ème de ligne (Régiment d'Infanterie), décoré de la Médaille Militaire et il est marié à Marie Alphonsine SIMON de Brû.

Son fils, Charles Marie Alexandre, est né à Saint-Léonard, en 1884, son père ayant 39 ans... Je me suis toujours dit que il n'était pas si jeune pour avoir un enfant, mais soit...

Paul Athanase, le petit frère est arrivé en 1885 et Marie Sophie en 1886...

Mon arrière grand-père s'étant marié au Mans, j'orientai mes recherches vers ce lieu.

C'est alors que les archives de la Sarthe ont mit en ligne leurs Registres Matricules et j'ai tenté une nouvelle recherche, plus posée, plus méticuleuse...

Les résultats pour "MATHIS" m'ont vite donné une énorme surprise :





Donc ça...

Je découvre un arrière grand-oncle dit "fantôme" : dont on ne soupçonnait pas l'existence...

Edouard Jules Paul Pierre MATHIS, né le 18 août 1881 à Issoudun, Indre (!) dont les parents sont domiciliés au Mans. Il sera Clerc d'Avoué.

Ajourné en 1902 et exempté en 1903 pour perte presque totale de la vue de l'oeil droit....

Ca part mal pour une fiche matricule intéressante...

Mais le feu d'artifice vient après.



Edouard est l'aîné d'un Lieutenant d'Infanterie, la carrière militaire ne peut lui échapper.

Le 26 janvier 1906, il est engagé volontaire pour 5 ans à la Légion Étrangère au 2ème Régiment à Bordeaux.

Non, mais !







Il devient Jean POVVLE (sujet belge).

Soldat de 2ème classe le 07 février 1906, 1ère classe le 11 juillet 1909.


En 1911, il rempile pour 5 ans, mais sous son vrai nom.


2ème canonnier servant le 11 avril 1911 au 3ème Régiment d'Artillerie Coloniale.

2ème canonnier conducteur le 16 octobre 1911.




Brigadier le 17 juillet 1913, Maréchal des Logis le 16 février 1916.

Maréchal des Logis Chef le 20 avril 1918.


Détaché à la Garde Chérifienne de février à octobre 1920.

Libéré le 7 avril 1921 après 15 ans de service.



Campagnes :

- Algérie : février 1906 à septembre 1907

- Région de Casablanca (occupation militaire) : septembre 1907 à octobre 1910

- Algérie : octobre 1910 à janvier 1911

- Maroc (guerre) : juin 1912 à août 1914

- Allemagne : août 1914 à octobre 1919

- Maroc (guerre) : octobre 1919 à avril 21


Citations, blessures, décorations :


- Le 19 janvier 1906, a été atteint d'un coup de feu en section superficiel, par projectile de petit calibre, de la face antérieure de la cuisse gauche au 1/3 inférieure B de G. (bas de genou) de gravité moyenne.


- Cité à l'% des troupes coloniales du Maroc JO n° 112 du 5 décembre 1914 :

"Le 15 septembre 1914, conduisant les animaux au pâturage, a été assailli à 3 km du poste de Guelmons par une centaine de cavaliers Traïans qui ont ouvert à très courte distance un feu très violent sur son détachement. Grace à son sang-froid et aux bonnes dispositions qu'il a prises, n'a eu qu'un homme et quelques animaux grièvement blessés et maintenant ses adversaires à distance par son feu, à donné le temps à la garnison du poste de venir le dégager.


- Citation à l'ordre des Troupes débarquées. Ordre général n° 35 du 15 décembre 1916 :

"Blessé le 19 janvier 1916 au combat d'El Bordj, n'a pas voulu quitter son poste de chef de pièce donnant aux marocains le plus bel exemple de bravoure et de sang-froid sous le feu.



- Médaille commémorative du Maroc avec agrafe Casablanca, agrafe Maroc décret du 4 juin 1913.





- Ouissam El Alaouite : Chevalier le 24 octobre 1914.






- Médaille coloniale avec agrafe Maroc




- Croix de guerre 14/18 avec palmes (2)




- Médaille Militaire en date du 23 juillet 1918






En avril 1921, il se retire à Rabat, au Maroc et finit ses jours à Salé, non loin de là pour s'éteindre en mai 1946.

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Alors, voilà, l'ainé Edouard ayant fait ce type de carrière, le cadet Charles a eu toutefois son heure de gloire le 30 août 1914 au Col de la Chipotte dans les Vosges :





Sa croix de guerre n'aura qu'une palme, mais bon...



Le Maroc sera peut-être plein de surprises futures dans mes recherches....qui sait ?





samedi 5 juillet 2014

S comme prénoms et noms en S

Voici la liste pour mon arbre


Pour les prénoms :

1 Sainte
1 Samson
1 Samuel
1 Savary
1 Schmid
3 Scholastique
1 Scolastique
1 Sebastianus
25 Sébastien
5 Sébastienne
2 Seibert
1 Serge
2 Sidonie
17 Simon
2 Simone
1 Simonette
2 Simonne
1 Sohan
1 Sophia
6 Sophie
1 Sucrion
6 Suzanne
1 Sylvain
2 Symon


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Pour les noms :

3 de La SAULCE (VASSAL)
6 POIROT de la SAULCE (VASSAL)
2 SAINT MICHEL
5 SABATIN
1 SAGARD
1 SAILLANT
19 SAINT DIZIER
2 SALE
1 de SALINS
1 SARAZIN
2 SARGIS
5 SATABIN
3 SAUVAGE
3 SAUZER
1 SAVERNE
2 SAYER
2 SCHADE
14 SCHAEDELIN
1 SCHAELFINGER
2 SCHALLER
1 SCHEDELIN
3 SCHENCK
4 SCHNEIDER
1 SCHOQUART
2 SCHWANG
2 SEEBACH
1 SEGARD
2 SEIGNEUR
5 de SERAUCOURT
4 SERQUAND
3 SERRIER
1 de SERRIÈRES
2 SEUFFERT
3 SEVERIN
4 SIBERT
1 SIFFERT
1 SIGART
2 SIMIER
26 SIMON
7 SOLLIER
2 SOMMIER
2 SONNTAG
2 de SOUVIGNY
2 SUAVIN
2 SUËT
1 de SULLY
2 de SURMONT
2 SUTER
1 SYFFERT
5 SYMON

O comme Opus Incertum



Une fois n'est pas coutume, je vais sortir de la Généalogie....Quoique....



Je prépare un examen d'ouvrier paysagiste, les racines sont cette fois vivantes, et c'est l'occasion de réviser le latin avec l'épreuve de reconnaissance des végétaux.


Nous devons apprendre à reconnaître 120 plantes ainsi que leur nom botanique.


Mes 4 années de latin au collège et au lycée n'auront pas été vaines...


Il reste une semaine avant les épreuves, c'est la raison de cette pause dans le Challenge AZ ;)


Nous finissons la formation avec les ouvrages maçonnés comme le dallage, bordures, pavage, les surfaces stabilisées et l'opus incertum...



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Un opus incertum est littéralement un "appareil irrégulier" !

C'est un ouvrage réalisé avec des pierres de dimensions et de formes différentes avec des joints maçonnés ou gazon.

Historiquement, l'opus incertum est couramment employé dans les derniers siècles de la République romaine, parfois associé à une ossature en bois, en remplacement de l'opus craticium, trop fragile.

Au début de l'utilisation du mortier, au iie siècle av. J.-C. et au début du ier siècle av. J.-C., le parement est constitué de petits blocs de tuf de forme pyramidale, enfoncés dans le noyau du mur, et la partie visible présente une forme irrégulière. C'est ce que l'on appelle l'opus reticulatum.

À ne pas confondre avec l'opus insertum ou isodomon, assemblage réglé.


Au jardin, un opus incertum à joints engazonnés sera de niveau horizontal. Il couvrira une surface, une allée et permettra le passage piéton ainsi que la tondeuse mais pas de véhicules.

Voici l'opus réalisé en exercice :


Il reste à semer le gazon.


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Alors, quel rapport avec la généalogie ???..........


Les deux ont une structure logique, linéaire, mesurée, numérotée.

En effet, on ne peut concevoir une recherche généalogique sans organisation, méthodologie, "cases", logique, mathématiques, combinaisons de paramètres, etc...

L'opus en est de même, il nécessite un fond de forme nivelé, mesuré, un lit de sable pierres par pierres, des joints équilibrés, une surface finale à niveau.


Mais à contrario, ses éléments seront irréguliers et les lignes de joints cassées.

La généalogie offre un résultat identique.....
Nos arbres ne sont jamais réguliers dans le sens où nous rencontrons un enfant naturel, orphelin, adoptif qui rendra une branche stérile...où nous avons tous au moins un implexe...où les métiers, les régions, les événements ont changé au fil du temps....


La généalogie de chacun est irrégulière.

C'est cette diversité qui la rend unique, culturellement formatrice et également source de la connaissance de soi.

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